• Guna Tamas et Yoga (2)

    Le tamas est une source d'ignorance et de stagnation mais aussi un garant de la stabilité, une réserve de mémoire à purifier et le refuge de notre âme.

                               

                   Le Guna Tamas et le Yoga (2)

      

      

    Qu'est-ce que le tamas ?

      

    C’est l’obscurité, l’ignorance, l’inertie, autant de caractéristiques qui paraissent nous éloigner de la connaissance de soi et du progrès intérieur.

      

    Inertie : rien ne bouge, tout est statique, sans possibilité d’évolution.

    Obscurité : il n’y a pas de capacité de voir, ou tout au moins notre vision habituelle n’est pas capable de discernement.

    Ignorance : on ignore ce qui existe vraiment en soi et au dehors, on vit dans des idées, des rêves, des idiosyncrasies.

      

    Il est vrai que l’on a envie de quitter au plus vite le tamas car il apparaît comme contraire à toute évolution ! Mais il faut se rappeler que la Nature en a besoin et que tamas est en même temps le garant de la stabilité.

      

    De plus, du fait que nous ignorons notre vraie nature spirituelle, l’âme ou atman réside dans les abysses de l’obscurité, comme au fond d’un océan où tout est sombre. Nos aspirations les plus profondes, qui viennent de notre âme ou atman, ont donc leur origine dans cette obscurité. Plutôt que de blâmer le tamas, de le négliger ou de vouloir le dépasser, il faudrait essayer de l’utiliser comme une marche d’appui, une fondation sur laquelle il est possible de construire son évolution. Eventuellement, on aura un jour la force de l’explorer pour bénéficier de ses potentialités latentes. 

      

      

    La nature du cheminement spirituel

      

    On croit souvent que le cheminement intérieur va du négatif au positif, qu’il faut s’élever vers la lumière… comme une sorte de voyage vers le haut, les « cieux » ou une autre réalité. Cette façon de concevoir l’évolution personnelle devrait être revue. On éviterait bien des pièges et des écueils en privilégiant une approche plus praticable et réaliste, porteuse d’un amour pour soi et d’une foi dans la Nature. Prakriti est une sorte d’hôpital, comme nous le dit Swami Niranjanananda, successeur spirituel de Swami Satyananda. Elle nous soutient dans notre guérison et les trois gunas, ses qualités fondamentales, sont tous des remèdes.

      

    Le yoga n’est pas une voie qui nous emmène de plus en plus haut. Il nous invite dans un premier temps à réaliser nos forces et à actualiser notre foi, ce qui est un progrès énorme et peut prendre beaucoup de temps. Ensuite, grâce à ces atouts, nous devrions être capables de descendre à l’intérieur et découvrir des sphères plus profondes et plus riches. Jusqu’à ce que finalement, nous puissions plonger dans la lumière inhérente à l’être intérieur, l’âme qui englobe et dépasse toute chose créée.

      

    L’idée que la lumière ne peut venir que d’un « au-delà » provient de la culture judéo-chrétienne. Nous avons hérité de cette vision, que nous soyons chrétien ou non chrétien. Il n’est pas si facile de considérer que la réalité supérieure est présente au plus intime de soi. Pour le yoga, la lumière de l’âme est à découvrir à l’intérieur, au plus profond du mental ou derrière celui-ci. La démarche du yoga consiste à utiliser le rajas, l’énergie, pour atteindre des zones cachées et libérer la conscience des nœuds qui l’entravent à ces niveaux. Le potentiel de ce tamas ainsi libéré nous permet de retrouver la vastitude du mental total et de revenir à la source de l’âme.

      

      

    Les chakras et la mémoire

      

    La symbolique des chakras révèle bien cette démarche. L’éveil des chakras est un but fondamental des pratiques de yoga. Or, il correspond à la stimulation de régions endormies du cerveau, là où règne le tamas, là où l’énergie ne peut jouer son rôle transformateur.

    Avons-nous la moindre idée de ce que représente le tamas dans nos vies ? Le subconscient et l’inconscient  conditionnent nos comportements psychologiques et notre façon d’agir dans le monde. Ces sphères sont laissées dans l’obscurité et elles restent hermétiques car elles sont souvent jugées peu acceptables. Nous en avons peur et cette appréhension mine nos efforts. Ces racines souterraines nous tiennent arrimés, prisonnier d’un carcan, elles brident l’expression naturelle de notre conscience. C’est pourquoi nous restons dans l’inertie et n’arrivons pas à initier les changements nécessaires.

      

    On est lié par des événements vécus dans l’enfance, par des karmas et des samskaras (situations et impressions inscrites dans la mémoire), par des mécanismes qu’on l’a soi-même installé, une sorte de bulle que l’on s’est construite en devenant « adultes ». On oublie jusqu’à la possibilité de s’ouvrir, de quitter cette bulle. Et nous regardons le monde sous un angle très étroit, notre vision est donc déformée.

      

    Voilà l’usage que nous faisons habituellement du tamas : nous installons et sauvegardons un état de fermeture dans la personnalité et nous préférons ignorer la présence des problèmes sous-jacents.

      

     

    Savoir utiliser le tamas

      

    Le tamas ne pose problème que dans la mesure où nous sommes installés dans cette ignorance par rapport à nous-même. D’où vient l’inertie et l’obscurité ? Peut-être pas du tamas lui-même mais de notre façon d’aborder ces réalités intérieures ! En cette matière spirituelle, il n’y a pas de « saut de puce ». Un miracle ne peut nous faire passer subitement de l’obscurité à la lumière. Et si nous avons des expériences enrichissantes, lumière, sensation d’ouverture, élan vers la pureté, elles ne sont que passagères, elles ne peuvent être généralisées par les efforts personnels, elles sont là tout simplement pour nous encourager.

      

    Le tamas ne doit pas être considéré comme quelque chose de négatif même s’il est difficile à manier et à connaître. Soyons sûrs que notre conscience ne veut que se libérer, devenir pure et libre, retrouver son essence sattwique. Occupons-nous d’avoir suffisamment de capacités, énergie, endurance, foi spontanée dans la nature profonde de l’être. Et évitons de gaspiller ces belles qualités par des comportements ou des pensées négatives. Etant ainsi « équipés », notre conscience nous guidera là où nous sommes entravés. Une fois cet effort consenti, nous aurons l’aide nécessaire pour desserrer les liens qui nous tiennent prisonniers.

      

    Le tamas est un écueil très sérieux par l’immobilisme qu’il engendre, il est aussi un facteur de stabilité et nous avons tous besoin d’une certaine dose de stabilité pour vivre et évoluer d’une bonne façon. A chacun de soupeser ces deux caractéristiques, inertie et stabilité, et de voir de quel côté penche la balance. Pendant longtemps, nous faisons des pratiques de yoga pour réunir les conditions d’une évolution personnelle consciente. Nous travaillons sur le corps, l’énergie et le mental pour « apprivoiser » ce réflexe de l’immobilisme qui appelle toujours plus d’immobilisme.

      

    Le tamas est aussi synonyme d’ignorance. Si l’on est suffisamment humble, on peut se rendre compte à quel point notre connaissance est limitée. Nous connaissons peu le corps, encore moins le mental car il ne se voit pas. Et nous prenons bien soin d’ignorer le monde extérieur parce que nous en serions trop bouleversés. Les images que nous recevons quotidiennement des quatre coins de la planète n’engendrent pas une prise de conscience, elles banalisent les événements et on les oublie tout aussi vite qu’elles avaient surgies dans notre quotidien. La règle, le jeu social dominant consiste à éviter à tout prix de se sentir concerné… Cela dénote la présence d’un tamas qui n’est pas assumé.

      

      

    Yoga et écologie

      

    S’il doit y avoir une écologie du yoga et une écologie au sens large, la base devrait être une ouverture de la personnalité et un sens aigu de la responsabilité, sur le plan individuel et sociétal. C’est dans toutes les actions et dans la moindre des décisions de vie qu’il faudrait prendre en compte les lourdes conséquences que nos optiques de vie font peser sur le terre et les générations futures.

    Quand notre activité se fonde sur la recherche de sécurité (tamas) et la satisfaction (rajas), elle a des effets néfastes pour nous-même, pour autrui et pour la nature. Chaque être humain est prêt à tout moment pour aller vers cette prise de conscience.  Mais c’est en réalisant pleinement l’étendue de la souffrance générée par une activité humaine égoïste que l’on peut réellement faire évoluer les choses. A ce moment-là, on « épouse » le potentiel sattwique qui est en nous et les autres modalités de la Nature se mettent au service.  

     

     

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