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                              YOGA ET RELAXATION 

     

    Le yoga est véritablement la science de la relaxation 

    Peut-on se libérer complètement des tensions ? Paramahamsa Satyananda affirme que « les tensions sont les épices de la vie. » Elles existent en nous, dans le contexte familial, professionnel et social, entre les peuples, les religions et les nations. Nous cherchons pourtant la paix et l’harmonie mais notre vie en est presque totalement dépourvue. Notre existence ressemble plutôt à un « champ de bataille », image qui est retenue par écrits de la philosophie hindoue, la Bhagavad Gita notamment. Le yoga nous explique que nous pouvons changer notre façon d' aborder les conflits de la vie et nous en donne els moyens. Cette transformation, ce lâcher prise constitue le but du yoga.  

    Les tensions sont de nature physique, mentale et émotionnelle 

    Le corps est l’espace privilégié où les tensions se fixent à court ou à longue terme. Nos crispations physiques ne sont pas seulement de nature physique, elle reflètent d'autres problèmes, au niveau énergétique, mental ou émotionnel. Les tensions mentales sont maintenant très présentes dans nos sociétés, du fait des progrès technologiques et des contraintes reliées aux rythmes de vie. Sur le plan émotionnel, nous avons également des difficultés car il faut rester fort et donc éviter de basculer dans les réactions émotionnelles. Les sentiments ne sont ni acceptés ni exprimés, ce qui aboutit souvent à un refoulement.  Sans parler des ressources profondes d’amour et de compassion qui existe en chacun mais qu'il vaut mieux sacrifier sur l'autel de l'individualisme ! 

    La relaxation est un mécanisme inconscient

    Comment se détendre, comment défaire ces nœuds que nous avons nous-mêmes serrés ?  La volonté est impuissante à créer un véritable relâchement. Si nous voulons nous détendre, nous ajoutons une tension sur une autre tension, nous créons par cette volonté une dose supplémentaire de mal-être. Avec l'effort de volonté, aucune détente ne peut s'installer à long terme. Même quand une amélioration se profile, elle reste passagère. Les tensions qui avaient disparus ressurgiront à une autre occasion ou bien elles se cristalliseront différemment, dans une maladie ou un nouveau comportement. Il est donc souvent préférable de ne pas mettre en jeu une intention délibérée de se détendre. Le yoga s’avère un outil extrêmement précieux parce qu’il utilise des moyens détournés, comme le corps, le souffle ou le son, pour produire une réelle détente en évitant l'écueil de la volonté et l'affrontement direct avec les causes sous-jacentes.

    La relaxation doit être un processus actif

    Le yoga nous invite à suivre un processus précis, que ce soit dans un mouvement du corps ou dans l'immobilité d'une détente allongée. Il y a toujours un fil conducteur qu'il faut maintenir tout au long de l’exercice afin d’induire un relâchement que l'on peut qualifier d'actif.  Et quand on a suffisamment maîtrisé la méthode, le mental va trouver ses propres repères et reprendre de lui-même le chemin de la relaxation. Cela nécessite une répétition, si possible à peu près à l'identique, de pratiques de yoga et d'instructions pour installer ce courant actif d'une détente non volontaire. 

    La relaxation allongée et le yoga nidra

    Afin de contourner l’intervention intempestive de la volonté, le yoga évite la méthode "Coué" et considère comme inutiles des injonctions telles que « Détendez-vous » ou « Je me détends ». Deux principes majeurs sont utilisés, avoir conscience de son corps et déplacer l’attention dans différentes parties du corps. Un relâchement profond se produit quand on privilégie la perception de soi-même et quand on déplace son attention d’un point à un autre. Pourquoi ? Cette rotation de la conscience crée une vague de détente dans le complexe moteur du cerveau. Citons par exemple la pratique allongée basée sur les treize points d’appui du corps sur le sol (talons, mollets, fessiers, dos des mains, coudes, omoplates et crâne) : nous passons en revue ces zones privilégiées puis nous percevons l’ensemble de ces points en accentuant une impression globale du corps en contact avec le sol. Dans la pratique du yoga nidra, ce principe de rotation guide toutes les étapes, du corps au mental en passant par le souffle et les émotions . Le yoga nidra maintient en permanence un fil conducteur grâce à ces rotations de la conscience et cette pratique merveilleuse confirme que la détente profonde doit rester active tout en refusant l'intervention de la volonté. Le yoga nidra est le fleuron du Yoga Satyananda, ses différentes phases produisent une relaxation progressive et complète : sur un plan physique par une rotation de conscience dans les parties du corps ; au niveau énergétique par une rotation du souffle ; dans la sphère émotionnelle par une rotation dans des sensations et émotions opposées ; dans le mental grâce à une suite d’images rapides.

    La respiration, autre outil de la relaxation

    Le souffle traduit tout ce qui se passe en nous et en nous servant de lui, nous pouvons agir sur nos états psychologiques. Prendre conscience de la respiration change les données car le contrôle est alors donné à un niveau supérieur du cerveau, le cortex, alors que la respiration est habituellement  gérée  par le cerveau primaire instinctif. La respiration est le seul mécanisme du corps qui possède cette « double casquette ». Quand on est conscient de sa respiration naturelle, il ne faut pas essayer de ralentir ou de changer les rythmes, on doit simplement être attentif à chaque respiration telle qu'elle se produit spontanément. . La conscience du souffle naturel est une clé pour se connaître de façon intime, et elle permet aussi d'installer plus de distance dans les situations de la vie. Progressivement, on entre en amitié avec la dimension subtile du souffle, compagnon de tous les instants, depuis la naissance jusqu'à la mort. On accède ainsi à une dimension majeure du yoga, le prana, l’essence de la vie, le courant d’énergie qui imprègne toute la création.  

    Le son, porte vers une relaxation plus profonde, celle de la psyché

    Les vibrations sonores ont un impact immédiat sur le cerveau lui-même, puisqu’elles harmonisent les ondes provenant des différentes régions cérébrales. Cela explique pourquoi les chants sont utilisés dans les différentes traditions et pourquoi l'être humain est si enclin à écouter de la musique. En yoga, le son « Om » est considéré comme primordial et universel, il représente l'aspect transcendantal de le personnalité. On se relie à la source de son être quand on le chante ou quand on le prononce mentalement. Une grande relaxation mentale et psychique est ainsi installée grâce à ce lien à nos racines réelles. D’autres supports sonores sont également employés en yoga, la respiration en ujjayi en est un exemple. Elle est très connue et largement utilisée : le bruissement produit dans la gorge en resserrant légèrement l'épiglotte ressemble au ronflement d’un bébé, presque inaudible. En gardant son attention sur ce bruissement du souffle dans la gorge, on bénéficie d'une très grande relaxation à tous les niveaux de la personnalité. Un autre pranayama appelé bhramari (bourdonnement de l'abeille) installe une résonance dans le crâne, elle est réputée pour soulager les effets du stress et apaiser l’angoisse. Enfin, notons que la respiration possède naturellement son propre mantra, « so-ham ». Si nos perceptions sont suffisamment subtiles, nous pouvons le découvrir en méditation (ajapa japa), en guidant le souffle dans un passage psychique. 

    L’équilibre, le maître mot du yoga et le garant de la détente

    Nous devons préserver l’harmonie intérieure pour parvenir à un état durable de relaxation. Les hauts et les bas de l'existence sont des sources de déséquilibres et de tension. Souvent, nous choisissons le yoga parce que nous avons perdu pied d’une façon ou d’une autre. La pratique devient alors le moyen de retrouver la stabilité. Mais il faudrait aussi prévenir le déséquilibre ! Là réside le secret du yoga : promouvoir dans sa vie quotidienne un équilibre entre des modes d’expression apparemment antinomiques : être à la fois actif et détendu ; passif et vigilant ; extraverti et conscient de soi, créatif et logique, imaginatif et réaliste, etc.
    D'autre part, l’être humain vit à trois niveaux d'existence, les instincts, les émotions et le cortex. Il est très important, pour connaître un état durable et profond de relaxation, d'apprendre à maintenir un équilibre et une coordination fructueuse entre ces strates du cerveau et ces facettes de la personnalité.
     

    Centre de Yoga de l’Aube
    Pour plus de détails sur le Yoga Satyananda, méthode diffusée au Centre de Yoga de l’Aube : téléphonez au 03 25 70 06 40 ou consultez le site.

    www.yogasatyananda-france.net

     

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  • Le Yoga et l’Education 

     

      Yoga & Education

      

    Swami NIRANJANANANDA Saraswati 

    Extrait d’une conférence donnée à Vivekananda  Kendra

    Bangalore (Inde), le 25.12.1995

     

    L’ENSEIGNEMENT  : POUR LA PERSONNE OU  POUR ACQUERIR UN METIER ? 

    LE SAVOIR  MIS EN PRATIQUE SE TRANSFORME EN SAGESSE.

    LES PARENTS SONT NOS PREMIERS EDUCATEURS.

    ETABLIR UN ENVIRONNEMENT FAMILIAL PROPICE.

     

     

    DEUX FORMES D’EDUCATION 

    Le propos de cette séance, le yoga dans l’éducation, est sans aucun doute un sujet très important. Il est possible de distinguer deux formes d’éducation. L’une est dispensée par la société et peut être qualifiée d’enseignement destinée à l’exercice d’une profession. Dès notre plus jeune âge, nous sommes soumis à un apprentissage. Notre personnalité est entraînée, notre intellect et notre mental sont formés en vue d’une carrière ou pour avoir un métier. La formation que nous recevons dans notre famille, dans la société et dans les écoles est organisée en fonction du critère de l’excellence dans une profession. C’est pourquoi nous la qualifions d’enseignement orienté vers l’activité professionnelle. 

    Une autre forme d’éducation existe que nous pouvons appeler formation de la personne. Elle nous montre comment nous pouvons développer le côté humain de la personnalité. Cette éducation qui s’avère la plus importante fait actuellement défaut dans la société. En fait, je pourrais même dire qu’elle n’existe pas dans notre monde. Nous essayons de trouver une méthode qui nous permettra de nous épanouir, de développer notre nature et notre personnalité mais nous ne savons pas comment nous y prendre. Nous écoutons des discours sur la morale et les valeurs mais celles-ci restent extrêmement difficiles à intégrer dans notre vie parce que les samskaras (impressions subconscientes) fondamentaux n’existent pas. Ce type d’éducation est celui que le yoga tente d’offrir. 

     

    LE YOGA A L’ECOLE 

    Il est encourageant d’apprendre que plusieurs universités en Inde mettent en place des écoles de yoga afin d’introduire celui-ci dans le système d’enseignement supérieur. En novembre 1994, j’ai été invité en Europe pour parler devant un groupe de 300 universitaires, dont des spécialistes de l’éducation et un lauréat du prix Nobel, réunis près de Paris pour discuter du rôle futur du yoga dans les structures éducatives d’Europe occidentale. Ces universitaires de haut niveau étaient venus de 13 pays et durant trois jours, nous avons intensément discuté. Ont été prises certaines décisions finales et un programme a été établi en vue d’intégrer le yoga comme matière dans les programmes de formation. 

    Nous travaillons depuis un certain temps sur les systèmes éducatifs en Europe et en Amérique du Nord, ainsi qu’en Inde, et notre démarche consiste à enseigner le yoga aux professeurs pour qu’ils puissent le mettre en pratique dans le cadre de leur classe. Cinq minutes au début du cours et cinq minutes à la fin : une posture et un exercice de respiration seulement. Cette proposition a eu du succès et elle figure dans la nouvelle politique éducative du gouvernement indien qui a accepté d’introduire le yoga. Nous avons formé 2000 enseignants de collège et l’année prochaine, nous commencerons à former les professeurs de lycée de l’état du Bihar. Quelque chose est en train de changer dans le monde. Le yoga est une donnée qui commence à être admise comme faisant partie de l’éducation.  

     

    LE RAPPORT ENSEIGNANT / ENSEIGNE 

    Le second front de l’éducation est l’interaction entre le professeur et l’élève. Elle ne peut jamais être menée à bien si la relation reste purement intellectuelle. Dans le système traditionnel d’éducation yoguique, trois facettes de la personnalité sont prises en compte. Au niveau intellectuel, on nous enseigne certaines disciplines, on nous transmet des idées, on nous propose des concepts à assimiler, à comprendre et à discuter. 

    Le second aspect est le bien-être émotionnel : on nous apprend à ressentir, à expérimenter en nous-mêmes ce qui nous a été enseigné. Le troisième versant consiste à mettre en oeuvre ce que nous avons appris, de sorte que le savoir ne se limite pas à un concept livresque mais qu’il débouche sur des applications dans le vécu. Le savoir mis en pratique se transforme en sagesse. Tels sont les trois aspects de la personnalité humaine : savoir, sentiment et interaction. 

    A l’école, dans l’éducation, dans le système moderne d’enseignement, personne n’apprend aux élèves à expérimenter les choses en eux-mêmes, personne ne leur enseigne comment leurs connaissances peuvent prendre vie en eux. On ne nous explique pas comment mettre en oeuvre le savoir au sein de la société, d’une manière créatrice, constructive et positive. Et c’est là qu’intervient le premier front de l’éducation : celui du foyer et des parents. 

     

    LE RÔLE DES PARENTS 

    Nos premiers enseignants dans la vie, ce sont nos parents et l’environnement familial. Qu’importe ce qui est appris à l’école s’il n’y a aucun appui à la maison, si les parents ne soutiennent pas leurs enfants et s’ils ne sont pas capables de les encourager à appliquer ce savoir dans la vie. Alors, le savoir reste lettre morte ! Il ne peut que conduire à une plus grande ignorance. Qu’importe ce que nous pouvons enseigner à nos enfants, ce sera inopérant si l’appui de l’environnement n’existe pas. 

    Il nous manque la culture nécessaire pour soutenir et encourager la mise en place et le développement de la sagesse et de la connaissance. C’est pourquoi il est de la responsabilité de tous les parents de créer un environnement favorable pour que leurs enfants comprennent, assimilent et expriment dans la vie les valeurs et les concepts qu’ils ont acquis à l’école de façon intellectuelle. 

     

    LA DIFFICULTE DANS LA TRANSMISSION 

    Bien sûr, j’ai conscience du fait que nous-mêmes, nous n’avons pas reçu la formation et les samskaras adéquats dans notre vie. En raison de cette lacune, comment pouvons-nous transmettre ces samskaras à nos enfants ? Nos professeurs nous ont incité à une vie pleine et heureuse, les concepts nous ont été transmis mais lorsque nous rentrions à la maison, nous constations que nos parents ne suivaient pas vraiment ces idéaux. Nous éprouvions pour eux les sentiments les plus forts, les relations que nous avions avec eux étaient différentes et se plaçaient à un niveau non-intellectuel ; nous étions donc enclins à penser : « Oh ! Ce que j’ai appris n’a probablement aucun sens. Mes propres parents, les membres de ma famille ne les appliquent pas. » 

    C’est là que se situe la principale limite des systèmes éducatifs dans le monde. Quelle que soit la technique que vous enseignez, celle-ci n’aura aucun effet tant qu’un soutien adéquat ne sera pas installé dans l’atmosphère de la maison. 

    C’est pourquoi toute la culture doit changer. Les professeurs doivent faire l’effort de communiquer certaines idées aux enfants de sorte qu’en devenant adultes, ils puissent assurer à leurs propres enfants l’environnement qui convient. Tel doit être l’apport de l’éducation yoguique, non seulement enseigner des pratiques de yoga pour améliorer la mémoire, l’attention, la créativité, l’intellect, mais fournir aussi un samskara pour que dans l’avenir, quand ils seront grands, ils puissent soutenir à leur tour leurs propres enfants et ainsi changer la société des hommes, la rendre meilleure et plus éclairée. 

     

    SWAMI NIRANJANANANDA SARASWATI 

     Après avoir dirigé la Bihar School of Yoga, école fondée par Paramahamsa Satyananda en 1963 à Munger (Inde), il a inauguré en 1995 la Bihar Yoga Bharati, première université de yoga au monde. Cette université est basée à Ganga Darshan, le complexe résidentiel de Munger. Elle associe un apprentissage du Yoga Satyananda avec les préceptes de la vie d'ashram et un environnement appelé "Gurukul" où chacun est amené à expérimenter les voies du yoga et à acquérir des qualités qui sont profondément humanistes comme seva, le service, samarpan, le dévouement et karuna, la compassion.   

      

    CENTRE DE YOGA SATYANANDA DE L'AUBE 10210 CHESLEY

    Tél : 03.25.70.06.40. 

     

    Pour consulter notre site, cliquez ici :

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  •                      ANTAR MOUNA, OUTIL DE CONNAISSANCE DE SOI

     

    Concentration ou observation ?

     Il faut bien distinguer les exercices de concentration de la force mentale de ceux qui engendrent une meilleure conscience de soi. La plupart du temps, les personnes qui ont appris à se concentrer perdent toute faculté d’observation des multiples expressions naturelles du mental. Si on leur demande de laisser le processus mental spontané se produire et de l’observer, elles ne ressentent et ne voient rien parce que leur observation est focalisée sans être détendue. On doit acquérir de la maîtrise et de la concentration d’une part, et d’autre part savoir constater et accepter son état mental tel qu’il se présente de façon naturelle.

    Apprendre à fixer son attention est une donnée indispensable à toute démarche de yoga car les forces mentales sont au départ dispersées. Mais cela ne doit pas aboutir à un rétrécissement du champ de l’expérience personnelle et de la connaissance de soi.

    La technique d'antar mouna

    Antar Mauna est la technique privilégiée pour mettre en place une démarche d’observation. Cette pratique nous apprend à considérer que la méditation est tout d’abord un acte d’observation. On ne doit s’astreindre qu’à une seule chose : ne pas être impliqué et entraîné par ce qui est en train de se produire, que ce soit un bruit extérieur, une sensation dans le corps, une pensée ou une image mentale. On devient observateur au lieu d'ignorer ce qui existe et de vouloir imposer le silence. C’est ainsi une attitude de témoin que l’on privilégie : être témoin de l’environnement, être témoin de soi-même, avoir la possibilité d’être conscient du dehors ou du dedans ou des deux à la fois.

    Les différents stades d’antar mauna fonctionnent sur la base d’une observation objective, soit du corps, soit des sens, soit du mental. Progressivement, un vrai pratyahara s’installe, dans le sens où nous ne pouvons réellement nous détacher d’une chose qu’après avoir appris à la connaître. Le résultat n’est ni une coupure ni un appauvrissement mais une véritable maîtrise de notre propre matériau, sans l’ombre d’un jugement, d’un rejet ou d’une lutte menée au nom de principes auxquels nous avons adhéré sans savoir comment les concrétiser dans le vécu.

    Cette qualité de témoin, appelée drashta ou shakshi en sanskrit, est présente en nous du fait de la capacité de double conscience que la nature a octroyé aux êtres humains. Mais nous devons l’exercer et la fortifier. En suivant la technique d'antar mouna, nous pouvons non seulement apprendre à nous intérioriser sans créer de conflit interne mais aussi entreprendre une véritable purge psychologique. Le silence intérieur, antar mouna, naît de lui-même lorsque toute lutte a cessé.

     Antar mouna et les autres yogas

     Il serait bon d’associer antar mouna à tous les autres yogas, que ce soit le hatha yoga, le raja yoga, le kundalini yoga ou d’autres voies, bhakti, jnana ou karma yogas. Bien que son apprentissage se fasse en position assise, elle n’est pas destinée à être expérimentée dans des conditions d’exception, en lotus avec les yeux fermés par exemple. Elle peut se combiner à notre sadhana actuelle et faire partie intégrante de nos activités dans la vie quotidienne. Elle nous incite à l’essentiel : se connaître et s’accepter tel que l’on est, tout en ayant plus de moyens pour gérer les pensées, les associations d’idées, les émotions, etc.

     Ainsi, le karma, l’action, se transforme en karma yoga et la méditation devient une expérience vivante. A défaut de suivre une démarche de ce type, nous sommes très vite amenés à considérer notre pratique de yoga comme une sorte de performance, de dépassement de soi, que ce soit sur le plan physique, mental ou spirituel. Nous perdons alors contact avec notre réalité et un jour ou l’autre, nous devrons revenir à ce que nous sommes.

    Le Tantra

    Le Tantra, qui est en fait à la base de tout le yoga, préconise de prendre conscience de ce que l’on est, et de mettre en place un processus de transformation, en vue d’établir la santé, l’équilibre et la paix. Travailler sur soi implique tout d’abord une reconnaissance et une acceptation, sans que ces constatations ne soient entachées par des jugements, des rejets ou des inhibitions. Le problème réside à ce stade. Préférons-nous imaginer ce que nous voudrions être ou bien acceptons-nous de nous voir tels que nous sommes ?

    Les techniques tantriques de méditation ont des principes d’action qui sauvegardent et accroissent les capacités d’observation, sakshi ou drashta, tout en focalisant et en disciplinant peu à peu le mental. Elles agissent selon la méthode employée généralement avec un enfant. Si vous lui demandez de rester tranquille, il y a de grandes chances qu’il se dissipe au bout de quelques minutes et si vous le contraignez de façon autoritaire, vous le privez de ses capacités naturelles d’expression. C’est en lui donnant un jouet que vous l’occupez suffisamment et pouvez canaliser ses énergies. De la même façon, nous allons fournir à notre mental une occupation grâce à un processus de méditation. Quand la force mentale se stabilise sous l’effet de ce processus, nous pouvons observer tout à loisir et en profondeur les facettes variées de ses activités spontanées.

     En suivant cette démarche tantrique, la progression se trouve facilitée, dans le respect complet de soi et des autres. C’est la différence essentielle entre les philosophies orientales et le substrat judéo-chrétien : nous possédons en nous des caractéristiques positives et négatives, et nous ne devons pas ignorer les facettes les plus dérangeantes du mental. Il faut au contraire entrer en relation avec cette réalité dite inférieure, colère, jalousie, dépression, égoïsme, comme part de la nature humaine. Nous pouvons ainsi dégager l’énergie qui se trouve emprisonnée à ce niveau. Un choix véritable ouvre alors la porte de la sagesse et nous nous mettons au service de nos qualités les plus nobles.

                                                       
                                                MEDITATION ANTAR MOUNA

    Swami Brahmatattwa Saraswati est Directrice du Centre de Yoga Satyananda de l'Aube situé à Chesley 10210 - France.

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  • Naissance du Yoga Nidra

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  •                             

                                    KAPALBHATI

     

    « Effectuez expiration et inspiration rapidement comme le soufflet (d’un forgeron). Cela s’appelle kapalbhati, et cela détruit tous les désordres des mucus. » Verset 35, Chapitre 2 de la Hatha Yoga Pradipika.

    Kapalbhati est à la fois un pranayama dynamisant et un shatkarma ou nettoyage puisque c'est la technique de purification des lobes frontaux du cerveau. Cette pratique augmente la vitalité et permet en même temps d'installer une grande tranquillité mentale. La vitalité et le calme sont les deux qualités indispensables pour aborder la méditation et pénétrer dans des sphères plus profondes à l'intérieur de soi.

    Kapalbhati inverse complètement ce processus respiratoire. Lorsque nous respirons normalement, l’inspiration est active et l’expiration passive.  Dans la pratique de kapalbhati, le pratiquant est amené à expirer vigoureusement et volontairement alors qu'il doit laisser l’inspiration se produire de façon naturelle. Ce changement physiologique est e fait une véritable révolution : notre conscience doit pénétrer dans les couches les plus primitives de notre cerveau, là où est normalement géré le mécanisme inconscient et instinctif de la respiration.


     La pratique de base

    Le Yoga Satyananda rend kapalbhati abordable à tout public grâce à une mise en place méthodique et détendue, et cette pratique de pranayama est considérée comme essentielle.

    Il s’agit d’expirer rapidement par les deux narines en contractant vigoureusement les muscles abdominaux. Puis l’abdomen se relâche, ce qui provoque une inspiration automatique. Cela correspond à la description traditionnelle qui compare cette respiration au pompage d’un soufflet : en le fermant, on expulse l’air ; en l’ouvrant, l’air est aspiré en raison de l’effet de vide.

    Il est important de bien distinguer kapalbhati de bhastrika qui est aussi appelé respiration du soufflet. Bhastrika amplifie de façon volontaire les deux phases respiratoires, alors que kapalbhati n’utilise que l’expiration forcée, l’inspiration étant un retour au volume de base.

    Le pratiquant est invité dans un premier temps à répéter plusieurs cycles courts en comptant 10 respirations pour commencer. Puis le nombre peut augmenter graduellement de 10 à 20, 25, 30 à chaque cycle. Chaque cycle court se termine par une ou plusieurs respirations profondes et un temps d’écoute, l’attention restant focalisée derrière le front. Avec l’habitude, le contrôle sur les muscles du ventre s’affine. Il faut pratiquer régulièrement et progressivement de façon à avoir l’impression de pouvoir prolonger sans fin cet exercice, sans jamais générer de fatigue ni créer des tensions ou de l’essoufflement.

    Lorsqu'il est aisé de faire 30 expirations forcées sans aucune tension, on peut ajouter à la fin d’un cycle une rétention poumons pleins, en restant le temps que l’on est confortable et en étant attentif à la région frontale du cerveau. Cette rétention peut ensuite être associée à jalandhara bandha et moola bandha si ces verrouillages de la gorge et du périnée sont bien maîtrisés.

    Les effets

    On peut considérer que kapalbhati a quatre effets majeurs.

    - Il augmente la vitalité en agissant sur manipura chakra par des contractions répétées de la région abdominale. Il pousse également vers le haut l’énergie samana, le souffle de concentration. A chaque expiration forcée, un flux d’énergie part du ventre et celui-ci se trouve propulsé vers les lobes frontaux par le mouvement ascendant du diaphragme. C’est pourquoi cet exercice porte le nom de « respiration qui rend le crâne brillant ».

    - Ce pranayama élimine le mucus des poumons (tout comme bhastrika) et il est donc recommandé pour les personnes souffrant d’asthme, de bronchite chronique ou d’emphysème.

    - Il a une action de purification des nadis ida et pingala en travaillant sur la région frontale, là où existe un carrefour important de nadis.

    - Cette pratique ralentit les dispersions mentales, calme l’action des vrittis, les fluctuations du mental. C’est donc une très bonne préparation à la méditation.

    Variantes possibles

    - Une variante de kapalbhati est décrite dans la Gerandha Samhita. Le kapalbhati ne fait plus par les deux narines mais on adopte le même processus que dans nadi shodhana (inspiration à gauche - expiration à droite - inspiration à droite - expiration à gauche), en gardant toujours l’expiration forcée et l’inspiration naturelle.

    - Une autre façon de pratiquer utilise différemment l’alternance droite - gauche : faire un cycle complet par une narine (en bouchant l’autre) puis le même nombre d’expirations forcées par l’autre narine et enfin par les deux ensemble.

    Les conditions de la pratique

    Un grand travers est d’expirer trop fort ou d’avoir un rythme trop rapide. Pour percevoir à chaque expiration la stimulation du cerveau frontal, nous avons besoin d’une grande finesse et d’une détente profonde, qualités qui s’accommodent mal d’une contraction exagérée du ventre ou d’une précipitation inopportune.

    Le corps ne doit pas être secoué, le visage reste détendu, la poitrine immobile, aucun contrôle ne s’effectue au niveau de la gorge. C’est seulement les muscles de la région située entre le nombril et les côtes qui se contractent pour produire de façon volontaire l’expiration forcée et le flux ascendant de l’énergie.

    La prise de conscience, qui est l’ingrédient majeur du Yoga Satyananda, s’avère indispensable pour ajuster en permanence les différents impératifs de la technique avec les possibilités individuelles du moment.

    Pour éviter de générer du stress ou des tensions avec notre pratique de yoga, et plus particulièrement avec le pranayama, nous devons apprendre à suivre le point de vue de la technique plutôt que d’imposer nos idées en la matière. C’est en ayant conscience de nous-même et de nos capacités, en observant notre attitude pendant que nous faisons l’exercice, en déstabilisant les partis pris mentaux que nous pouvons accepter de nous exposer réellement au yoga, corps et mental réconciliés.

     

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    Nos pages d'informations sur les différents types de yoga :

    Hatha Yoga

    Raja Yoga

    Kundalini Yoga

    Karma Yoga

    Bhakti Yoga

    Jnana Yoga


  • LES CHAKRAS

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  • Les forces sattwiques sont notre héritage, la confiance, la foi, la faculté de communion et la compassion existent en nous. Mais ce sattwa est plus ou moins actif, parfois totalement écrasé.

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  • Le rajas donne assurance, vitalité, possibilité d’action, endurance, courage, volonté et détermination mais pour qu'il serve notre évolution spirituelle, nous devons apprendre à le manier et à l’orienter.

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  • Le tamas est une source d'ignorance et de stagnation mais aussi un garant de la stabilité, une réserve de mémoire à purifier et le refuge de notre âme.

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  • Comment comprendre et vivre les modalités de la Nature, appelés Gunas :

    tamas ou inertie, rajas ou activité et sattwa ou lumière.

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